14 oct. 2016

BIENVENUE DANS LA MAISON DES CITOYENS !

Que s’est-il passé depuis le début ?
Le 2 aout dernier, j’ai posté sur ma page une vidéo : 686 198 personnes sont venues la voir. 
Le 8 septembre, modestement et sans médias, j’ai lancé la Maison des Citoyens dans un Café à Paris, place Clichy, en organisant un simple Facebook Live.  
En quelques semaines, plus de 145 Maisons des Citoyens se sont spontanément créées en France et à l’étranger, autour des valeurs proposées. 
Allez voir la carte, c’est juste HALLUCINANT ! 
Personne ne savait que c’était possible sans moyens et en aussi peu de temps.    

POURQUOI CONSTRUIRE ENSEMBLE LA MAISON DES CITOYENS ? 
Tout d’abord pour se faire une maison de la bienveillance :)) Le mot clef de notre Maison, notre boussole ! 
Ensuite pour compter tous ceux qui ne comptent plus afin qu'ils comptent enfin ! Ceux qui s'abstiennent parce qu'ils ne savent plus pour qui voter, qui votent blanc et ne sont pas comptés, celles et ceux qui en ont ras-le-bol de voter CONTRE, pour le « moins pire ». Nous devons EXISTER, NE PLUS ÊTRE INVISIBLES ! 
Enfin pour que nos belles valeurs comptent et soient enfin respectées :  
- La priorité aux territoires et à toutes celles et ceux AGISSENT : la légitimité vient de l’action, et la réalité est dans les territoires. L’État doit soutenir et aider les territoires et les acteurs : CELLES ET CEUX QUI FONT LEUR PART. Plus nous compterons, plus les entrepreneurs, les artisans, les associations, les acteurs de l’économie sociale et solidaire, les fonctionnaires, nos élus locaux et les citoyens COMPTERONT ! Isolé, personne ne pèse, les partis se moquent bien des élus locaux, unis nous pouvons tout !   
- La démocratie citoyenne : les citoyennes et les citoyens sont bien les ACTEURS de la vie collective, et non plus des spectateurs. Ce n’est juste plus possible !  Ils et elles doivent être en capacité d’exercer un contrôle des organisations publiques qui impactent directement leur vie. Ca suffit de subir un État vertical qui pense et norme nos vies sans que nous ayons voix au chapitre. Il faut mettre fin au temps où l’on élit quelqu’une ou quelqu’un en lui donnant rendez-vous dans plusieurs années : LE CHÈQUE EN BLANC, C’EST FINI ! NOUS EXISTONS ET ENTENDONS EXISTER ! 
- La bienveillance et l’acceptation de la diversité : la force de la France repose sur la diversité et il ne faut pas trier entre les Françaises et les Français. C’est un défi, mais un défi positif, et aucune solution durable ne viendra de l’exclusion de qui que ce soit. NOTRE GRANDEUR EST D’AGIR ENSEMBLE !
Pour défendre ces valeurs et faire en sorte qu’elles ne soient plus piétinées, nous devons nous compter un par un, nous tous qui sommes invisibles, pour compter tous ensemble : 1+1+1. Il n’y a ni « petit 1 », ni grand 1 ». 
DANS NOTRE RÉPUBLIQUE, chacun de nous compte. Ce qui est grand est l’union bienveillante entre tous les 1 qui partagent ces valeurs.   
Cette Maison est donc la vôtre, et son mode de fonctionnement est simple et en ligne avec nos valeurs : 
1. SE COMPTER POUR COMPTER
Premier geste citoyen, se compter pour compter avec tous les autres afin de défendre nos valeurs. Pour cela, c’est facile : soit vous vous inscrivez sur le site de la Maison des Citoyens, soit vous cliquez “J’aime” sur sa page Facebook, soit vous vous abonnez à son compte Twitter.
2. REJOINDRE UNE MAISON DES CITOYENS LOCALE
En ligne avec nos valeurs, toute la dynamique de la Maison des Citoyens part des territoires et de celles et ceux qui agissent, donc des Maisons locales. Il y en a presque partout en France (métropolitaine et outre-mer), et même déjà à l’étranger.  
Pour trouver la maison la plus proche de chez vous, allez sur la carte des maisons et zoomez. Cliquez ensuite sur le symbole de la Maison et vous trouverez l’adresse de sa page Facebook.
Il ne vous restera plus qu’à cliquer “j’aime”, puis à la contacter pour participer à son animation.   
3. CRÉER UNE NOUVELLE MAISON DES CITOYENS LOCALE
S’il n’y a pas de maison des Citoyens à proximité de chez vous, ou seulement une Maison des Citoyens départementale, pourquoi ne pas en créer une là où vous habitez ? Rien de plus facile, là encore. 
Voici les deux documents pour vous y aider :  
Une fois qu'elle est créée, pensez à envoyer un mail à lamaisondescitoyens@gmail.com afin qu'elle soit ajoutée à la liste des maisons des citoyens.  
4. QUE FAIT-ON DANS UNE MAISON
Les Maisons ont pour l’instant deux objectifs prioritaires : 
 - D’abord grandir, et donc amener un maximum de Françaises et Français à les rejoindre pour se compter. Pour cela, chacune décide des actions qu’elle entreprend : café citoyen (un agenda indique tous les cafés prévus), contact auprès des élus locaux, des commerçants, etc. 
- Ensuite recenser tous ceux et celles qui agissent concrètement sur leur territoire pour réparer des fractures du pays (emploi, éducation, logement, social, etc.). Nous voulons rendre visible cette France qui agit et qui est oubliée. 
Très prochainement, chaque Maison passera à l’action pour soutenir telle ou telle action d’intérêt général qu’elle aura jugée comme importante sur son territoire. 
Tout ceci est détaillée dans la note : “Maintenanton fait quoi dans nos maisons locales
Vous pouvez aussi aller voir les vidéos en ligne dans la chaîne YouTube de la Maison.
5. ET DEMAIN ?
Demain, nous lancerons des opérations de soutien à des actions d’intérêt général - nationales et locales soutenues par les maisons locales - afin que chacun fasse sa (petite ou grande) part :)) FAIRE est pour nous essentiel.  
Et après-demain, quand nous serons suffisamment nombreux à nous être comptés, quand le réseau des Maisons couvrira finement tout la France, quand nous aurons concrètement déjà commencé à agir, alors nous DÉCIDERONS si nous voulons aller plus loin et comment.  
Voudrons-nous en rester là, engager un mouvement de pression ou voudrons-nous activer une nouvelle pièce dans la Maison, en créant un mouvement politique ? Si oui, quels seront les objectifs de ce mouvement ? Comment en s’appuyant sur nos valeurs, nos piliers, construire un projet politique ? Faudra-t-il aller aux élections, et si oui comment ? 
Tout ceci sera décidé le moment venu, ensemble, dans la joie et la bienveillance, et SURTOUT dans le respect de nos valeurs : CHACUN(E) DOIT COMPTER.  
Qui décidera ? Vous ! Celles et ceux qui se seront comptés dans la Maison et se seront donnés la liberté de pouvoir choisir AUTRE CHOSE QUE L’OFFRE DES PARTIS s’il arrivait que celle-ci nous désespère.   
Une chose est sûre et certaine : nous ne laisserons personne, directement ou indirectement, nous récupérer. Nous ne laisserons pas non plus dicter de l’extérieur nos choix.

ENSEMBLE, NOUS NOUS BATTRONS POUR QUE NOS VALEURS SOIENT DÉFENDUES ET RESPECTÉES.  
NOUS SERONS FORTS : UN GRAND 1 COLLECTIF QUI SERA LA RÉSULTANTE DES 1+1+1+… NOUS COMPTERONS TOUS ! ENFIN !  

ET NOUS IMPOSERONS CE MOT ESSENTIEL DANS LE DÉBAT FRANÇAIS : LA BIENVEILLANCE !

Alexandre Jardin

8 sept. 2016

OUVERTURE DE LA MAISON DES CITOYENS

Alexandre Jardin a lancé la Maison des Citoyens

Alexandre Jardin a pris l’initiative d’ouvrir la Maison des Citoyens le 8 septembre 2016 pour faire exister tous les citoyens invisibles, pour que chacun compte. 

Voici la vidéo d’Alexandre Jardin, puis le texte de lancement de la Maison

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1+1+1… TOUT COMMENCE !
« Nous allons nous faire une nouvelle Maison, la Maison des Citoyen(ne)s…
Pour compter tous ceux qui ne comptent pas, faire EXISTER CELLES ET CEUX QUI SONT INVISIBLES, qui n’ont pas de voix.
Trois solutions pour vous compter, C’EST VOUS QUI CHOISISSEZ :
1 Vous laissez votre mail sur le site de la Maison des citoyens : www.lamaisondescitoyens.fr
2. Vous « likez » la page Facebook de la Maison : www.facebook.com/lamaisondescitoyens
3. Vous vous abonnez au compte Twitter de la Maison : @notremaison
Aux dernières élections, plus de 25 millions ne se sont pas « exprimés » (votes blanc, nuls, les abstentionnistes et les non-inscrits). Soit… PLUS DE 50% de la population en âge de voter ! Si on ajoute tous ceux qui ont voté « contre » - pour « le moins pire » ou pour « éviter le pire » -, le nombre devient... hallucinant.
Les citoyens qui n’expriment plus leur désir sont majoritaires !
Aussi cette Maison est-elle nécessaire, et je la fonde aujourd’hui pour nous tous.
Avec une joie incroyable.
J’ai la chance d’avoir une voix entendue. Utilisons-la !
Ce sera une Maison des Citoyen(ne)s bienveillante et à l’écoute. Un endroit rassurant.
Nous allons pouvoir EXISTER, peser enfin, en nous comptant 1 par 1 dans cette nouvelle Maison. Comment ? En s’enregistrant tout simplement 1 par 1.
Je vous demande juste de faire ça, rien de plus, avec fierté et confiance en vous, pour dire que vous EXISTEZ, et que désormais PLUS RIEN NE SE FERA SANS NOUS !
Depuis des années, les politiques nationaux nous ont pris, nous les citoyennes et citoyens, pour des client(e)s alors que nous sommes des associé(e)s actives et actifs du système ! Depuis des années, nous sommes des « client(e)s » éternellement insatisfait(e)s (et à juste titre !), mais condamné(e)s à vie à devoir subir un sort insupportable de victimes, sans autre issue. Ça suffit !
La solution inarrêtable pour résoudre les fractures de notre pays s'appelle les gens, des gens comme vous et moi, des gens que je côtoie depuis des années qui ont la force de FAIRE LEUR PART !
Personne d’autre ne nous sortira de la situation dans laquelle nous sommes. Aucune politique se faisant SANS NOUS ne marchera. L’heure est venue de MONTRER QUE LES TEMPS ONT CHANGÉ et qu'on n’arrivera à rien de solide sans le soutien actif de chacun(e) d'entre nous.
Dans cette maison, c’est ce que nous allons rendre VISIBLE avec un deuxième compteur, celui qui comptera notre VRAI TRÉSOR, un trésor que personne n'a su révéler au grand jour : nos millions d'heures actives.
L’énergie des vrais gens que nous sommes vaut de l'or ! Une heure de votre temps vaut plus que tout. Une heure de votre vie peut réellement changer tant de choses.
Avec ce compteur, nous rassemblerons cette richesse en additionnant ce temps si précieux que nous sommes les uns et les autres prêts à donner à notre pays.
Voilà pourquoi je lance aujourd’hui la Maison des Citoyen(ne)s : pour se compter 1 + 1 + 1, et compter le temps dont nous allons disposer pour rétablir des minimums, juste des minimums qui ne sont plus assurés.
Dans cette Maison solide, pas de programme mensonger et irréalisable, ni de blablas inutiles. Plus personne ne croit aux promesses, c'est fini.
Nous avons plus que ça, beaucoup mieux que ça !
Nous avons des ACTIONS CONCRÈTES et des VALEURS.
Oui, dans cette Maison, des belles valeurs positives :
- Le courage et la bienveillance active,
- La légitimité des gens qui FONT (les Faizeux, pas les Diseux !),
- Une vraie confiance dans nos territoires et la conviction que chaque citoyen(ne) qui le désire doit pouvoir être ACTEUR(TRICE), et non plus spectateur de ce qui lui arrive,
- La volonté de construire tous ensemble une France MÉTISSÉE ET SOLIDAIRE, car il n’y a pas d’autre solution : l’exclusion n’est pas une réponse aux difficultés actuelles.
- La passion du débat entre NOUS !
Pour tout le reste - transparence, honnêteté, etc. - on s’en remet à la morale élémentaire ! Les voleurs ou les baratineurs, ce n’est pas notre truc.
Dans cette Maison, chacun(e) est libre d'agir comme il lui plait. J’en sors d’un clic si je veux. Si je souhaite agir, je le peux. Si veux juste soutenir, je suis là.
Une fois réunis dans cette belle Maison, on décidera TOUTES et TOUS ENSEMBLE de la suite. On validera ENSEMBLE, pas à pas, d'éventuelles propositions en recherchant des consensus. Quelle force !
On décidera gaiement comment positiver nos colères !
Dans cette aventure bienveillante, inclusive et horizontale, chacun(e) pourra ressentir qu’il ou elle existe enfin et qu'il ou elle compte vraiment !
Enfin quelques infos sur la Maison elle-même.
IL Y AURA QUATRE PIÈCES, qui ouvriront les une après les autres, au fil de la construction :
- Une première pour avoir le plaisir d’AGIR ENSEMBLE : d’ici quelques jours, on vous proposera les premières actions communes, pour que nous fassions notre part afin DE RÉTABLIR DES MINIMUMS.
- Une deuxième pour LISTER avec vous les SOLUTIONS qui font déjà avancer le pays, ceux et celles qui ont commencé à soigner les fractures du pays. Territoire par territoire, coopérons avec nos services publics et tirons profit de la créativité du pays (entrepreneurs, responsables associatifs, fonctionnaires, élus locaux, etc.).
- La troisième sera une News Room d’enfer, où l’on pourra construire des journaux qui nous ressemblent… ou rire ensemble, même dans l’adversité.
- La quatrième, on l’activera progressivement … si nous sommes très nombreux à habiter la maison : L’ALLIANCE DES CITOYEN(NE)S, un outil pour vous donner le pouvoir et faire entendre vos voix. L’exact reflet de nos valeurs ! Entrer dans la Maison n’impliquera pas, bien entendu, de faire partie de l’Alliance : à tout moment, chacun(e) y est libre de ses choix !
Voilà la Maison des Citoyen(ne)s. Elle est née !
Pour l’instant, pour qu’elle grandisse, faites monter ce joli compteur.
Enregistrez-vous : 1+1+1+…
EXISTEZ !
Tout le reste suivra naturellement, et si simplement.
ÇA VA ÊTRE INCROYABLEMENT POSITIF ET JOYEUX !
TOUT COMMENCE… »

ALEXANDRE JARDIN

17 juil. 2016

KERY JAMES LE VRAI POÈTE FRANÇAIS CONTEMPORAIN

Mouhammad Alix, le nouveau disque de Kery James – sortie en septembre 2016
Deux nouvelles chansons de Kery James viennent à propos à la fois venir en contrepoint de l’atrocité du 14 juillet à Nice et de l’incurie de notre classe politique actuelle.
Ci-dessous des extraits de ces chansons, et les clips vidéo



8 juil. 2016

SAVOIR OUVRIR LES POSSIBLES

A suivre ?
A Michael,
Rien d’important ne commence en en ayant l’air,
La vie nait d’un courant d’air, d’une porte entre-ouverte, d’un rendez-vous oublié.
Je me souviens de ton profil aperçu.
Un regard aléatoire en fin de journée entre deux rendez-vous,
À l’un de ces sites où vingt minutes de sexe peuvent de temps en temps surgir...
Et encore.
Ta photo parmi d’autres,
Un sourire, un rien de différent.
Envie d’envoyer un message,
Mais je n’ai que zappé au travers de cette possibilité.
Pas de peur, pas de crainte.
Évitement sans cause,
Je ne l’ai juste pas fait.
Un soir ou un matin, quelques mots de toi.
Y répondre n’était que normal.
Mais te voilà parti.
Loin,
De l’autre côté de l’Atlantique.
Est-ce la distance qui nous a rendus mutuellement plus séduisants ?
J’ose espérer que non…
Non, je ne crois pas.
Petit à petit, un rien qui se crée.
Un mot après l’autre,
Une phrase qui s’entremêle avec celle qui suit ou l’a précédée.
Petit à petit, s’est glissée l’idée que nous avions manqué l’un à l’autre,
Qu’un lien était possible,
Qu’il suffisait pour cela de profiter d’un avion.
Dans un peu plus de deux semaines, tu seras là.
Et nous commencerons à savoir.
Pour le meilleur, n’est-ce pas…

6 juil. 2016

PRIORITÉ À L’ALLIANCE DES CITOYENS !


Mise en sommeil (relative) de ce blog
Depuis plusieurs mois, je me suis engagé aux côtés d’Alexandre Jardin pour l’accompagner dans l’ensemble de ce qu’il entreprend. Dernièrement j’ai participé à la création de l’Alliance des Citoyens et suis pleinement investi dans son lancement.
Toutes ces activités sont de moins en moins compatibles avec la tenue de mon blog sur le même rythme que par le passé.
Aussi, sans cesser complètement d’y publier de temps en temps des billets personnels, je ne vais plus l’animer que ponctuellement. Vous pourrez toujours me suivre sur ma page Facebook, mon compte Twitter (@RobertBranche) ou via le site de l’Alliance des Citoyens.
L'objet de l’Alliance est :
"« L’Alliance des Citoyens » a pour but de construire une France solidaire, métissée et ascendante qui parte vraiment de ses territoires, une France qui mobilise tous ceux qui ont gagné leur légitimité par l’action, une France où l’État ne dit plus ce qu’il faut faire, mais soutient avec agilité les plus faibles ainsi que ceux qui agissent avec courage.
Elle est l’Alliance de ceux qui entreprennent : les maires et élus locaux, les entrepreneurs, y compris l’économie sociale et solidaire ou classique, les responsables d’associations, les citoyens acteurs, les fonctionnaires créatifs, les femmes d’exception qui se sont levées."

4 juil. 2016

UNE DOTATION EN CAPITAL À LA MAJORITÉ ?

« Inégalités » de Anthony B. Atkinson (5)
« PROPOSITION 6 – Une dotation en capital (un héritage minimum) doit être versée à tous lors du passage à l’âge adulte. »
« Une personne qui, depuis la date de lancement du nouveau programme, a satisfait pendant x années aux conditions donnant droit au child benefit aurait droit à x/ 18 de l’héritage minimum. Cela permettrait de mettre naturellement en œuvre le programme au fil du temps. »
« Sa proposition (en 2006) a été de fixer le montant à 10 000 livres. (Alfred Doolittle explique que, si on lui donne cinq livres, il fait « juste une bonne bamboche », mais que, si on lui en donne dix, « ça rend un homme prudent ») Le Grand suggère de financer ces paiements par une hausse des droits de succession. »

1 juil. 2016

COMMENT SE COUPER DU RÉEL ET DEVENIR HORS SOL

Attention à ne pas se déconnecter du réel
Ce billet est un extrait tiré de mon livre Neuromanagement publié en 2008. 
Toute ressemblance avec des femmes ou hommes politiques ne serait évidemment qu’une coïncidence ! 

Plus une entreprise est grande et puissante, plus elle risque de se déconnecter du réel et se croire invulnérable. Or le réel est bien là, dans et autour de l'entreprise. A un moment ou à un autre, il se rappellera aux bons soins de ceux qui l'ont oublié...
Certains succès montent à la tête
Cette entreprise était allée de succès en succès. Créée il y a maintenant plus de cinquante ans, elle avait rapidement pris une position de leader sur ses marchés et avait réussi à s’imposer mondialement.
Après cette phase initiale d’expansion, pour accroître son efficacité, elle avait progressivement automatisé tout ce qui pouvait l’être. Parallèlement, elle avait mis en place un plan de formation interne pour accueillir les nouveaux et accélérer l’apprentissage de ses recettes de succès. Tout ceci facilitait l’action quotidienne et permettait de se concentrer sur ce qui était nouveau.
Aujourd’hui, un sentiment de puissance s’est diffusée et elle se sent invulnérable aux évolutions de la conjoncture et des exigences des clients : elle a oublié tous les efforts faits dans le passé, et est convaincue d’être « naturellement » plus forte que ses concurrents.
Résultat, elle ignore de plus en plus sa concurrence, et étant experte, croit savoir mieux que ses clients ce dont ils ont besoin. Elle est de moins en moins capable de repérer les signaux faibles venant de son environnement et a tendance à oublier les points qui sont à l’origine de son propre succès.
L’entreprise continue à être dirigée de façon consciente, mais n’intègre plus les informations qui pourraient contredire ses interprétations, interprétations qui sont devenues des certitudes. 
Sans le savoir, sans s’en rendre compte, l’entreprise agit peut-être à contre-courant : elle est devenue insensible à son environnement, et donc vulnérable à toute rupture…
On est tellement bien chez nous...
Grâce à sa position dominante, la profitabilité de cette entreprise est largement supérieure à la moyenne du marché. Elle est assise à la fois sur des positions industrielles clés, sur le contrôle de quelques ressources essentielles et sur un savoir-faire industriel et marketing. Bref tout va bien…
Pour récompenser tout le monde, des avantages ont été accordés, année après année, aux salariés et à la Direction. Le sentiment d’appartenance à l’entreprise s’est renforcé au fur et à mesure du cumul de ces avantages.
Un accord tacite entre Direction, syndicats et personnel amène, à l’occasion de chaque négociation, à les renforcer, quitte à externaliser davantage de fonctions pour ne pas dégrader la compétitivité de leur entreprise : il y a de moins en moins de monde à l’intérieur et ceux qui s’y trouvent sont de plus en plus en décalage avec le « monde extérieur ».
S’est ainsi développé petit à petit un confort interne croissant qui n’incite plus à la vigilance. Finalement, tout le monde, Direction comme salariés, privilégie le développement de ce confort : le corps social de l’entreprise se coupe progressivement de l’extérieur. À la limite, on manage alors pour manager, on pense qu’une réunion est bonne parce qu’elle s’est simplement bien passée, et on oublie que tout ceci n’a de sens que si la performance réelle, celle vue par les clients et l’extérieur, s’améliore effectivement.
Devenue autiste, l’entreprise a tendance à protéger jusqu’au bout les avantages acquis, éventuellement même en mettant en péril sa survie…
Je n'ai pas besoin des autres
Créée initialement autour d’un produit unique qu’elle a mondialisé, cette entreprise a ensuite grandi rapidement en multipliant ses lignes de produits. Elle est experte dans la transformation d’une innovation en marché : identification des savoir-faire clés, industrialisation des processus, marketing et commercial ad-hoc, gestion de la marge et du profit…
Ce développement s’est accompagné de la mise en place de structures ad-hoc, d’une spécialisation croissante et d’une multiplication des interlocuteurs internes. Le système global est devenu de plus en plus complexe et l’atteinte de la performance suppose une collaboration efficace entre un nombre croissant d’acteurs.
L’intégration transverse est maintenant difficile à piloter et est de moins en moins maîtrisée. Une partie des acteurs en place se fait sa propre interprétation de la mission qui lui est allouée et de ce que peuvent attendre ou fournir les autres acteurs. Certains vont même jusqu’à se poser la question de la pertinence des structures  communes et de l’existence de l’entreprise en tant que telle.
Pourtant ces structures communes sont celles qui fournissent les ressources et les innovations. Finalement les délais de lancement des nouveaux produits s’allongent…
Et comme la multiplication des lignes de produit s’était faite selon un logique client et qu’elles s’adressent toujours le plus souvent aux mêmes clients, ceux-ci sont contactés en désordre et ne comprennent plus la logique de l’entreprise…
Finalement, plus personne n’a confiance en personne, et les processus internes deviennent redondants…
La performance globale se dégrade, mais personne ne s’en rend vraiment compte, car chacun est focalisé sur son périmètre. L’entreprise se fissure doucement et sûrement…
Des entreprises font des calculs qui ne veulent rien dire
Cette entreprise allait de la chimie de base à la chimie de spécialités, chaque ligne de produit étant centralement pilotée par une structure ad-hoc. En France, les organisations commerciales étaient dédiées à ces lignes de produits, mais, partout ailleurs, existait un responsable pays qui exerçait une supervision de toutes les activités locales.
Aussi « logiquement », ce responsable calculait la part de marché du groupe dans le pays. Cette part de marché était l’agglomération des parts de marché de chaque produit, et faisait une moyenne entre des produits n’ayant aucun rapport entre eux : quel sens pouvait avoir de mélanger des produits aussi dissemblables que les dérivés chlorés ou sulfurés avec des silicones, voire même des terres rares ?
La part de marché résultante n’avait donc aucun sens métier : ce n’était que le résultat d’un calcul et rien de plus.
Or comme le responsable pays avait un rôle historique important dans le groupe, elle était suivie au niveau de la Direction Générale et toute évolution de cette part de marché déclenchait analyse et questions.
Le système central construisait ses interprétations sur une donnée qui n’avait aucun sens réel et n’avait aucun lien avec les logiques de développement des activités dans les pays

29 juin 2016

SUR L’EMPLOI : VERS LA DISPARITION DU SALARIAT ?

 « Inégalités » de Anthony B. Atkinson (5)
« Avant la révolution industrielle, chacun faisait souvent coexister emplois à temps partiel et emplois indépendants, structure qui, jusqu’à une date récente, est restée caractéristique de nombreuses sociétés rurales. (…) Lorsque l’économie s’est industrialisée et la population urbanisée, l’emploi est devenu du tout ou rien. (…) Quand le travailleur indépendant médiéval devenait vieux, il travaillait moins et produisait moins, mais il continuait à travailler tant qu’il pouvait produire quelque chose. »
« Au Royaume-Uni, la proportion de ceux qui occupent un emploi atypique – selon une définition qui englobe le temps partiel, l’emploi indépendant et les contrats à durée déterminée – est d’environ un quart, et elle serait encore supérieure si l’on ajoutait les contrats zéro heure et les stages non rémunérés. (…) En Allemagne, l’emploi « normal » a reculé dans les vingt ans écoulés de 1985 à 2005 : il est passé de 42 % à 37 % de la population en âge de travailler, tandis que le taux de participation à la population active, en hausse, passait de 68 % à 76 %. (…) Il est donc de plus en plus fallacieux de parler en termes de gens qui soit ont un emploi, soit n’en ont pas. Le travail n’est pas une activité simple de type binaire. »
« Il ne suffit pas d’adopter une mesure simple comme le décompte par tête : le nombre de personnes ayant un emploi. Ils proposent de la remplacer par une mesure de l’intensité d’emploi, définie sur la base des mois travaillés et des heures travaillées par mois. »
« Comme l’écrit l’Organisation internationale du travail, « lorsque l’on traite du travail à temps partiel, il est une distinction fondamentale : celui-ci est-il volontaire ou involontaire, le travailleur a-t-il délibérément choisi de travailler à temps partiel, ou bien n’a-t-il accepté un horaire réduit que faute de trouver un emploi à temps plein ? Dans ce dernier cas, le travail à temps partiel devient une forme de sous-emploi. »
« L’objectif doit donc être de réduire le chômage involontaire à son minimum. C’est pourquoi j’estime qu’il faut exprimer notre objectif pour le marché du travail en termes, non de maximisation de l’emploi, mais de minimisation du chômage involontaire, en mesurant ce chômage d’une manière adaptée aux nouvelles caractéristiques du marché du travail du XXIe siècle. »
« Or il existe des « travailleurs pauvres », et ce problème est très sérieux : selon Ive Marx et Gerlinde Verbist, « un quart à un tiers des Européens en âge de travailler qui vivent dans la pauvreté ont en fait déjà un emploi ». »
(à suivre)

27 juin 2016

SUR LES TRÈS HAUTS REVENUS

 « Inégalités » de Anthony B. Atkinson (4)
« Le principal ressort de l’inégalité américaine n’est pas l’écart entre les salariés très instruits et les autres, ni d’ailleurs les écarts en termes d’éducation en général. C’est l’échappée extraordinairement rapide de la pointe du sommet. On y est souvent très instruit, mais juste au-dessous on l’est tout autant, et ceux-là ont été distancés. On pourrait dire que, durant les vingt-cinq dernières années, la répartition des gains en matière d’éducation (un cursus universitaire suivi avec succès pendant quatre ans, voire plus) a été beaucoup plus large que celle des gains économiques. Seule une infime lamelle de la nouvelle élite instruite est entrée dans la nouvelle élite économique. »
« Le changement de la répartition des revenus du travail a propulsé ceux qui gagnent les plus fortes rémunérations dans le 1 % supérieur tous revenus confondus. Les mieux rémunérés ont rattrapé, ou dépassé, ceux qui vivent du revenu de leur capital. Les rentiers qui détachent les coupons de leurs dividendes ont cédé la place aux gestionnaires de fonds spéculatifs, aux présidents-directeurs généraux, aux footballeurs. »
« Jon Bakija, Adam Cole et Bradley Heim ont classé les contribuables du 0,1 % supérieur aux États-Unis en 2004 par activité professionnelle : 41 % étaient des dirigeants, gestionnaires ou hauts responsables du secteur non financier et 18 % exerçaient une profession dans la finance. »
« Alfred Marshall, professeur d’économie politique à Cambridge, a montré que les meilleurs professionnels pouvaient exiger des rémunérations d’autant plus élevées que le marché desservi était plus grand. Or la taille du marché dépend de la technologie en vigueur. Il a donc compris l’importance du « développement de nouvelles facilités de communication, facilités qui font que des hommes, dès qu’ils ont atteint une haute situation, ont le pouvoir d’appliquer leur esprit inventif ou spéculatif à des entreprises plus vastes, s’étendant sur une aire plus vaste qu’il n’ait jamais été possible auparavant ». »
« La chute abrupte des taux d’imposition réels sur les très hauts revenus a pu stimuler la hausse des rémunérations des cadres supérieurs, puisque ceux-ci gardent une part bien plus importante de leurs augmentations de salaire. » 
« En 1980, le degré d’association (entre revenus du travail et du capital) n’était pas si élevé : parmi les membres du 1 % supérieur des revenus du capital, seuls 17 % se trouvaient dans le 1 % supérieur des revenus du travail. Mais, en 2000, la proportion était passée de 17 % à 27 %, et plus de la moitié des membres du 1 % supérieur des revenus du capital se trouvaient dans les 10 % supérieurs des revenus du travail. Si l’on regarde la situation dans la situation dans l’autre sens, le chevauchement est encore plus grand en 2000. Parmi les membres du 1 % supérieur des revenus du travail, près des deux tiers – 63 % – figuraient dans les 10 % supérieurs des revenus du capital. Il y a davantage de points communs entre les deux répartitions. »
(à suivre)

22 juin 2016

SUR LES LIMITES SUR DU CALCUL ÉCONOMIQUE : TOUT EST AFFAIRE DE TRAJECTOIRE…

 « Inégalités » de Anthony B. Atkinson (3)
« La mondialisation est le résultat de décisions prises par des organisations internationales, des gouvernements nationaux, de grandes entreprises. »
« Ils ont élaboré des théories de l’« innovation induite », dans lesquelles les entreprises choisissent le degré d’inflexion du changement technologique. Elles sélectionnent dans une gamme de possibilités les options qui leur permettent de réduire leurs coûts le plus vite. »
« En somme, dès l’instant où nous comprenons que les forces du marché posent seulement des limites aux résultats possibles sur le marché du travail, nous voyons qu’une marge existe afin de prendre en compte les considérations d’équité et qu’en le faisant nous pouvons modifier la répartition des salaires. »
« En fait, l’élément « service humain » accroît la productivité relative des personnes vis-à-vis du capital. Mais cela suppose que le service humain continue à être rendu. Ici, le « deux en un » est un problème, car il n’existe aucun théorème en économie qui assure que le marché déterminera la juste dose de produit et de service humain lorsque les deux éléments ne peuvent être dissociés. »
« Expérimenter les robots nous aiguille sur une voie qui, finalement, les verra remplacer de plus en plus les êtres humains, car la substitution deviendra de plus en plus intéressante. Mais nous aurions pu suivre une autre voie, qui aurait mis l’accent sur l’élément « service humain » et développé de plus en plus les compétences des personnes. »
(à suivre)

20 juin 2016

SUR LE DANGER DES MOYENNES

« Inégalités » de Anthony B. Atkinson (2)
« Comme nous l’a appris la crise récente, regarder uniquement les agrégats macroéconomiques ne suffit pas. Les différences économiques entre personnes sont de toute première importance. Le prix Nobel Robert Solow, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), le dit clairement dans sa critique des modèles qui ont dominé la macroéconomie contemporaine : « L’hétérogénéité est l’essence d’une économie moderne. Dans la vie réelle, nous nous préoccupons des rapports entre dirigeants d’entreprise et actionnaires, entre banques et emprunteurs, entre travailleurs et employeurs, entre investisseurs en capital-risque et entrepreneurs […]. Pour nous, il va de soi que ces agents hétérogènes ont des objectifs différents et parfois contradictoires, des informations différentes, des capacités différentes de les traiter, des attentes différentes, des convictions différentes sur le mode de fonctionnement de l’économie. [Les] modèles excluent l’ensemble de ce paysage. » »
« La politique de la concurrence doit se préoccuper explicitement de la répartition. Elle doit comprendre que le bien-être du consommateur est un cumul d’intérêts individuels qui sont différents et qui ne peuvent être associés qu’en pondérant d’une façon ou d’une autre la situation des diverses catégories. »
« L’inégalité des résultats au sein de la génération actuelle est la source de l’avantage injuste reçu par la suivante. Si l’égalité des chances de demain est notre souci, l’inégalité des résultats d’aujourd’hui doit l’être aussi. »
(à suivre)

17 juin 2016

FUSION

Plus rien
S’asseoir et ne plus penser, 
S’abandonner,
Se dissoudre dans l’eau et le ciel.
Être là, juste là, lâcher prise.
Ce banc n’est jamais né, 
Moi non plus,
Nous nous attendions de tout temps,
Pour nous fondre à jamais.
(Photos prises au Québec au Domaine de Pine Grove en août 2014

15 juin 2016

VOYAGE AU PAYS DES INÉGALITÉS

« Inégalités » de Anthony B. Atkinson (1)
Un nouveau patchwork, cette fois sur le livre « Inégalités » de Anthony B. Atkinson, économiste anglais dont les travaux ont influencé Thomas Piketty (seuls les sous-titres sont de moi)
Sur les minimums
« Rawls structure les principes de justice en termes d’accès aux « biens premiers » – « tout ce qu’on suppose qu’un être rationnel désirera, quels que soient ses autres désirs »., il énumère de vastes catégories : « les droits, les libertés et les possibilités offertes, les revenus et la richesse. ». »
« Amartya Sen a fait valoir que cette perspective, si elle nous mène bien au-delà de l’utilitarisme, ne va pas assez loin : elle ne voit pas qu’il existe entre les personnes de « grosses variations d’aptitude à convertir les biens premiers en vie satisfaisante ». Sen propose donc de passer des biens premiers aux « capabilités » – de définir la justice sociale en termes de possibilités offertes aux gens compte tenu de leur « fonctionnement » concret. L’approche des capabilités diffère de celle de Rawls à deux égards. Elle se concentre sur ce que les biens peuvent apporter à chacun dans sa situation particulière, en notant, par exemple, qu’un handicapé doit dépenser davantage pour se rendre à son travail qu’une personne valide. »
« Mais, avec le temps, l’attention s’est déplacée vers une définition plus large de la pauvreté, fondée sur la capacité de participer à la vie de la société, et cette évolution s’est accompagnée d’un intérêt pour le concept de droits minimaux à des ressources, dont l’utilisation relève de la décision individuelle. »
(à suivre)
 
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