29 févr. 2016

2017, LE RÉVEIL CITOYEN POUR ENFIN LIBÉRER TOUS LES FAIZEUX

Si la France n’amorce pas rapidement une transformation profonde, elle sera emportée par les tsunamis en cours : « ubérisée » par les ruptures qui se propagent, comme le chêne de la fable, elle cassera.
Ah, si le monde fonctionnait selon les principes d’une recette de cuisine, comme tout serait simple ! Un monde bien prévisible, où il suffirait de choisir les bons ingrédients et de suivre les indications fournies pour obtenir à chaque fois le même plat, celui qui correspond à la photographie dans le livre. 
Quand j’écoute les hommes politiques, je vois que c’est à cela qu’ils rêvent tous : une pincée de TVA en plus ou en moins, le mélange savamment dosé de trois taxes précédemment autonomes, la nième refonte de l’apprentissage de la lecture... et le miracle devrait surgir ! Comme dans un tour de magie, les lapins de la croissance et de la chute du chômage vont surgir du chapeau du Maître Queux. 
Car, caractéristique bien française, chacun de nos politiques se sent l’âme d’un grand chef : non seulement, ils s’imaginent capables de maîtriser l’incertitude, mais ils se voient en un Paul Bocuse de la politique, un sauveur, un homme ou une femme miracle. Même Marine Le Pen prend des élans gaulliens, quand elle ne s’incarne pas en une Jeanne d’Arc mâtinée d’une Astérix en jupons partie à la reconquête du monde. Tous des sauveurs quoi ! 
Mais comment croire que, dans notre monde hypercomplexe, la solution pourrait venir d’en haut, fût-il le plus compétent ? La France s’est certes construite grâce à la centralisation et une conception jacobine du pouvoir, mais ne serait-il pas temps de comprendre qu’il faut changer de paradigme ? N’est-il pas temps de redonner la parole à nos territoires et de bâtir notre avenir collectif sur un logique ascendante ? 
Car nous vivons dans un monde tissé de connexions fines et multiples, où l’incertitude est irréductible, où les limites se fondent et s’effacent, où la proximité n’est plus tant spatiale que sémantique et intellectuelle : mon proche n’est plus seulement mon voisin physique mais souvent celui avec qui je vibre à distance. Drôle de toile dans laquelle les gestes et les mouvements des politiques s’emmêlent, comme des insectes pris au piège d’un monde qui les dépasse. 
Autre caractéristique de nos Maîtres Queux politiques, ils ne s’intéressent pas au comment et détestent dire à l’avance ce qu’ils vont faire. Pour eux, l’ordre est clair : d’abord l’élection, ensuite l’action. « Construisons un programme pour être élu, pour le reste on verra après », se murmurent- ils au quotidien. Comme si l’intendance suivait toujours... 
Imaginez un candidat à la reprise d’une entreprise qui serait incapable de présenter un quelconque plan d’action : « Faites-moi confiance : en trois ans, je doublerai le chiffre d’affaires, diviserai par deux les coûts tout en relançant l’emploi et l’innovation, et atteindrai une marge opérationnelle de plus de 40 %. Comment, me demandez-vous ? On verra bien ! » Voilà nos hommes politiques : ils nous demandent un chèque en blanc. 
Pour justifier leur attitude, ils s’abritent derrière une affirmation : « La seule façon d’être élu est de dire aux électeurs ce qu’ils sont prêts à entendre, et non pas ce qu’il faut faire. ». Seulement, ceux-ci sont de moins en moins dupes et de plus en plus désengagés vis-à-vis des politiques. 
À contre-courant, voilà un objectif pour moi essentiel : s’intéresser non pas à comment être élu, mais à ce qu’il conviendrait de faire si jamais on l’était. Avec l’idée absurde que c’est ainsi qu’il faut raisonner, et que c’est peut-être aussi la meilleure façon d’être élu ! 
Et ne nous trompons pas, il y a urgence : la révolution numérique déferle, et, pour reprendre une expression devenue à la mode, « l’ubérisation » est à nos portes. Si la France n’amorce pas rapidement une transformation profonde, si elle reste lestée d’une dette qui ne fait que s’accroître, si elle continue à dépenser inefficacement l’argent public, si elle conserve des organisations rigides et pyramidales, elle sera emportée par le tsunami qui s’annonce. N’attendons pas comme le chêne de la célèbre fable de La Fontaine de nous retrouver déracinés par l’orage qui arrive.
Retrouvons de la souplesse pour profiter de la force du vent et de notre position exceptionnelle. Réveillons-nous quand il en est encore temps : nous avons tout pour réussir, car, pour reprendre l’expression de Denis Payre, « La France est un champion qui s’ignore ». Mais être champion dans un monde en compétition ne se fait ni sans effort, ni en regardant le futur dans un rétroviseur. 
Ayons le courage de nous remettre en cause et de repenser notre projet collectif, le courage de sortir du tas de spaghettis entremêlés de nos organisations collectives, le courage de comprendre que rien ne nous est dû, le courage enfin d’abandonner notre tendance à l’autosatisfaction. 
La France est en situation pour être un des carrefours européens, et donc mondiaux, mais les peurs s’y développent et elle se recroqueville, rêvant d’un retour au village gaulois d’Astérix. Or ce ne serait pas un rêve mais un cauchemar : à vouloir trop se protéger, la France s’exclura. Comprenons que la vie est dans l’échange, et la mort le rendez-vous certain de la fermeture.
Les évènements tragiques de 2015 montrent la nécessité d’accroître notre capacité à agir et de stopper la désintégration en cours : 
- Refuser de laisser le chômage gangréner notre société et l’éducation ne plus être le ciment du vivre ensemble, 
- Refondez nos institutions pour ne plus laisser les coûts déraper, et notre souveraineté et notre marge de manœuvre être entamées,
- Converger vers nos voisins européens pour construire avec eux des politiques communes car nous ne pourrons pas faire face seuls aux enjeux et risques mondiaux,
- Associer la jeunesse et les citoyens pour cesser d’avoir des politiques coupés de la société réelle et incapables de changer ce qui devrait l’être.
Il est plus que temps d’agir. 
Mon nouveau livre, "2017 : Le réveil citoyen", est tout à la fois un invitation à cette prise de conscience, une amorce de diagnostic et une proposition de chemin pour agir. 
Alexandre Jardin avec son mouvement Bleu Blanc Zèbre en appelle à voir se multiplier les faizeux. Avec "2017 : Le réveil citoyen", j’en appelle à une transformation réelle et profonde de nos institutions collectives pour libérer tous les faizeux, et multiplier la puissance et l’efficacité de chacun d’eux.
Chiche ?

26 févr. 2016

UN DÉSESPOIR SANS FOND

Un plongeon dans une douleur infinie, un puits sans fond dans lequel on descend mot à mot, des pelures d'émotion que l'on arrache avec lui.
On aimerait être là pour le consoler, le prendre dans nos bras, le rassurer. Mais à quoi bon. Il est évident que ce serait vain et sans résultat.
Ses phrases s'enchaînent et nous emportent dans le tourbillon de sa dépression. Une langue brute, râpeuse, à fleur de peau. 
Pour son deuxième livre, Édouard Louis réussit la prouesse de dépasser encore la justesse du premier. Dans "Histoire de la violence", le désespoir est tel que "En finir avec Eddy Bellegueule" prend presqu'une allure de bluette. C'est tout dire.
Une chose de sûr, nous avons bien un nouveau grand écrivain français. 
Après avoir fermé ce livre, sans que je puisse expliquer pourquoi une citation me hante : "Est-ce qu'on suit une procédure parce qu'elle est une procédure ou est-ce qu'une procédure ne sert pas à faire en sorte que tout se passe au mieux."
Lui, Édouard, pour son malheur, ce n'est pas une procédure qu'il a suivi mais Reda. Longtemps après il le regrettera. Comment vivre après un viol ? Comment émerger après une telle peur ? Pour sûr, avec Reda, rien ne s'est passé au mieux...

24 févr. 2016

LIBÉRONS LES FAIZEUX !

Décentraliser pour libérer – 2017 : Le réveil citoyen
Alexandre Jardin avec son mouvement Bleu Blanc Zèbre en appelle à voir se multiplier les faizeux. 
Avec "2017", j’en appelle à une transformation réelle et profonde de nos institutions collectives pour libérer tous les faizeux, et multiplier la puissance et l’efficacité de chacun d’eux.


22 févr. 2016

LES 4 URGENCES

Pourquoi une refondation est-elle nécessaire ? – 2017 : Le réveil citoyen
Les évènements tragiques de 2015 montrent la nécessité de stopper la désintégration en cours et d’accroître notre capacité à agir : 
1. Refuser de laisser le chômage gangréner notre société et l’éducation ne plus être le ciment du vivre ensemble,
2. Refonder nos institutions pour ne plus laisser les coûts déraper, et notre souveraineté être entamée,
3. Converger vers nos voisins européens pour construire avec eux des politiques communes car impossible de faire face seuls aux enjeux et risques mondiaux,
4. Associer la jeunesse et les citoyens pour cesser d’avoir des politiques coupés de la société réelle et incapables de changer ce qui devrait l’être.

19 févr. 2016

ATTENTE

Le désert des Tartares à Bombay
L’un regarde, l’autre non,
L’un debout, l’autre avachi.
Les deux attendent.
Quel but pour ce temps suspendu, 
Quête ou contemplation ?
Allez savoir.
Des verticales scandent l’horizon,
La mer est calme.
Que pourrait-il advenir là ?
Pourquoi imaginer un lien,
Entre ce qui n’en a pas ?
Simple juxtaposition aléatoire.
L’un regarde, l’autre non,
L’un debout, l’autre avachi,
Les deux attendent.
(photos prises à Bombay sur Marine Drive en juillet 2012)

17 févr. 2016

CRÉER EN 2017 LES CONDITIONS POUR ENCLENCHER LA TRANSFORMATION

2017 : Le Réveil citoyen – Introduction (5)
A contre-courant, voilà donc un deuxième objectif de ce livre : s’intéresser non pas à comment être élu, mais à ce qu’il conviendrait de faire si jamais on l’était. Avec l’idée absurde que c’est ainsi qu’il faut raisonner, et que c’est peut-être aussi la meilleure façon d’être élu ! Cet essai propose non pas un plan d’actions détaillé, car celui-ci doit être co-construit avec les citoyens, mais un cocktail de raisons d’agir, de principes et méthodes à suivre, et finalement une proposition de socle. Il s’intéresse autant au comment qu’au quoi ou au pourquoi. 
Je me suis focalisé sur les thèmes essentiels pour enclencher cette transformation : les conditions pour donner naissance à une République citoyenne, la modification de nos organisations collectives, les modalités d’une nouvelle politique économique, comment faire de l’insertion par le travail une priorité et mettre fin à la fragmentation de notre société, ainsi que la méthode pour rendre cette transformation effective (1).  
Les évènements tragiques du vendredi 13 novembre 2015 montrent la nécessité d’accroître notre capacité à agir et de retisser des solidarités positives entre nous tous pour stopper la désintégration en cours :
- A force de laisser le chômage gangréner notre société et l’éducation ne plus être le ciment du vivre ensemble, notre société est malade d’un double cancer. Y mettre fin doit être une priorité majeure, car l’intégration est la seule réponse pertinente et durable aux crises actuelles.
- A force de ne pas avoir entrepris une réelle refondation de nos institutions, nous en avons laissé déraper les coûts, entamant lourdement notre souveraineté et notre marge de manœuvre présentes et surtout futures. Résultat : nous avons de moins en moins de moyens pour les missions régaliennes de l’État, et donc pour notre sécurité.
- A force de diverger vis-à-vis de nos voisins, la construction de politiques communes est de plus en plus difficile. Or compte-tenu des enjeux et des risques mondiaux, il est illusoire de croire que nous pourrons y faire face seuls.
Il est temps, plus que temps d’agir : 2017 doit sonner le réveil citoyen. 
Ce livre est tout à la fois un appel à cette prise de conscience, une amorce de diagnostic et une proposition de chemin pour agir. Comme tout ne pourra pas être changé en cinq ans, comme dix ans seront a minima nécessaires pour transformer en profondeur notre pays, il faut engager les réformes structurelles le plus tôt possible, c’est-à-dire dès le début du prochain quinquennat.
(1) Ces développements s’inscrivent dans la droite ligne des réflexions de Nous Citoyens dont j’ai assuré la coordination, et notamment ceux intitulés Efficacité de la dépense publique et 6 propositions pour diviser le chômage par deux. Cet essai n’est pas exhaustif et ne sont notamment pas abordés des sujets importants comme l’environnement, l’énergie, la culture ou encore la défense nationale et la politique étrangère. Ces manques devront être comblés dans le cadre de l’élaboration de tout projet pour 2017.

16 févr. 2016

QUAND ON PARLE DE « 2017 : LE RÉVEIL CITOYEN »

Premiers commentaires sur mon livre
Sur Twitter




Sur Facebook
Louis Allard 9 février, 14:44
Le livre que toute personne qui veut agir pour la France devrait lire. Robert Branche

Thibaut Guilluy 31 janvier, 21:14 ·
Je viens de terminer 2017 de robert branche. Un régal... Ultra bien documenté, écriture ciselée et limpide, une complexité de concepts rendue accessible par la clarté des explications et des métaphores, et une démarche de transformation systémique du pays inspirée des travaux de Nous Citoyens qu'a coordonné son auteur qui n'a rien à voir avec la liste de propositions à la Prévert des partis traditionnels. Un vrai projet pour la France.
Chapeau Robert et merci pour cette lecture aussi utile qu'agréable... Je recommande chaudement!

Sur Amazon
Par Guy Ferré le 29 janvier 2016
Robert Branche dans cet essai qui tient compte des derniers événements, commence par poser un diagnostic sans concession, puis nous propose quelques voies de réforme parfois imprévues ou peu à la mode. Mais surtout, il explique l'importance de préparer la transformation de manière professionnelle, comme on le fait dans les grandes entreprise, exercice peu fréquent chez les politiques. Son expérience de conduite du changement apprise avec la socio-dynamique chez Bossard Consultants n'est certainement pas étrangère à cette approche efficace.

Par Dominique MARTIN-PREVEL le 31 janvier 2016
Excellent ouvrage, très documenté, très bien construit, pédagogique sur la situation de notre pays dans l'environnement mondial. Les pistes du redressement national sont là ainsi que le modus operandi.
Reste l'homme à même de porter ce projet (l'homme crédible). Pour moi, il a un nom: François Fillon.
Robert Branche est notre Jeremy Rifkin.
Par Client d'Amazon le 14 février 2016
S'il est des ouvrages pour sensibiliser les enfants au sens "civique", je verrais bien celui de Robert Branche, support d'un éveil citoyen pour tous les "grands", à l'aube de leur vie d'adulte.
En effet, il me semble nécessaire qu'une société qui se veut mature montre leur environnement sans filtre et leur indique les attendus d'une vie collective réussie. Il en va de "leur" cité, celle qu'ils vont construire ensemble.
Et que dire des adultes ? je le conseille fortement à tous, comme une incitation à devenir - sans attendre - ACTEURS de leur vie citoyenne... pour le meilleur.
Ouvrage d'autant plus important dans une période de mutation telle qu'aucune civilisation n'a probablement vécue.
Eric HENRY

15 févr. 2016

DIRE N’EST PAS SUFFISANT, SAVOIR TRANSFORMER EST ESSENTIEL

2017 : Le Réveil citoyen – Introduction (4)
Autre caractéristique de nos Maîtres Queux politiques, ils ne s’intéressent pas au comment et détestent dire à l’avance ce qu’ils vont faire. À quoi bon, tant que l’on n’est pas sûr d’être élu ? Pour eux, l’ordre est clair : d’abord l’élection, ensuite l’action. « Construisons un programme pour être élu, pour le reste on verra après », se murmurent-ils au quotidien. Comme si l’intendance suivait toujours… Avec une durée des mandats qui se raccourcit, la question de leur réélection se pose de plus en plus tôt. Encore un peu, et ils arriveront à une situation « idéale » où les programmes pour être élu s’enchaîneront continûment. Nirvana de la communication politique, le découplage parfait entre les politiques et le réel sera atteint.
Imaginez un candidat à la reprise d’une entreprise en difficulté qui serait incapable de présenter un quelconque plan d’actions : « Faites-moi confiance : en trois ans, je doublerai le chiffre d’affaires, diviserai par deux les coûts tout en relançant l’emploi et l’innovation, et atteindrai une marge opérationnelle de plus de 40 %. Comment, me demandez-vous ? On verra bien ! ». Voilà nos hommes politiques : ils nous demandent un chèque en blanc. 
Pour justifier leur attitude, ils s’abritent derrière une affirmation : « La seule façon d’être élu est de dire aux électeurs ce qu’ils sont prêts à entendre, et non pas ce qu’il faut faire. ». Seulement, ceux-ci sont de moins en moins dupes et de plus en plus désengagés vis à vis des politiques qu’ils qualifient de menteurs.
Mais, ces derniers, sont-ils vraiment des menteurs ? Non, je crois que la réalité est pire : ils n’ont, sauf de rares exceptions, aucune idée concrète et réelle de ce qu’ils feront s’ils sont élus. La démonstration la plus nette et la plus récente vient du documentaire de Patrick Rotman, le Pouvoir : tourné dans les ors du Palais de l’Élysée, lors des premiers mois de la présidence de François Hollande, c’est une mise en abyme de l’impréparation, l’improvisation et l’amateurisme des équipes élyséennes, du gouvernement et de leur Maître Queux. C’est flagrant tout au long du film, et d’autant plus que ce n’est pas intentionnel : on sent bien que Patrick Rotman ne se veut ni juge, ni accusateur. Il se contente de filmer ce qu’il voit, et nous faire entendre ce qui est dit.
Et voilà un Président qui avoue : « Je ne pensais pas que la situation de la France était si grave ». Mais sur quelle planète avait-t-il vécu ces dernières années ? Est-ce que la rue de Solferino l’avait à ce point isolé de la réalité de son propre pays ? N’avait-il donc rencontré aucun Français pendant sa campagne, aucun dirigeant d’entreprise, aucun économiste ? N’avait-il jamais quitté l’hexagone ? Shanghai, Singapour, Bangalore, ou Palo Alto n’étaient-elles pour lui que des points théoriques sur une mappemonde ?
Un peu plus loin, son Secrétaire Général, Pierre-René Lemas, lui indique qu’il va falloir faire des économies dans la dépense publique, mais que cela ne sera pas facile. Sic ! Et François Hollande de compléter : « Cela comprend aussi les dépenses des collectivités locales et les dépenses sociales, n’est-ce pas ? ». Oui, bravo, remarque pertinente et exacte. A l’oral de l’ENA que vous avez jadis brillamment intégrée, vous auriez la note maximale. Simplement, Monsieur François Hollande, vous n’êtes plus un étudiant mais le Président de la France. A ce titre, vous êtes sensé avoir un projet. Mais cet échange montre que ni lui, ni Lemas n’avaient réfléchi avant à ce qu’il faudrait faire. Probablement trop occupés à se faire élire pour cela.
Résumons : les deux premiers dirigeants du pays – car dans le fonctionnement de la cinquième république, le Secrétaire général de l’Élysée dispose de pouvoirs considérables –, découvrent la réalité en marchant, et improvisent au gré de leurs imaginations. Ainsi François Hollande n’a pas menti aux Français : il n’avait simplement aucune idée de ce qu’il ferait, si jamais il était élu. Son seul projet était de l’être. L’élection comme but, et non pas comme moyen… ainsi que ses prédécesseurs.
(à suivre)

14 févr. 2016

CELA SE PASSE COMME CELA CHEZ LES RÉPUBLICAINS !

Patchwork des interventions lors du congrés des Républicains des 13 et 14 février
Quelques vidéos issues du dernier congrès des Républicains. Cette diffusion sur mon blog ne signifie en rien une adhésion quelconque aux propos tenus.




12 févr. 2016

INDE 3.0

Ordres et désordres
L’Inde est au cœur de tensions entre ordres et désordres, télescopage entre ceux très nombreux qui vivent dans une extrême pauvreté et d’autres qui inventent le numérique de demain, entre la rigidité toujours présente des castes et l’horizontalité du 3.0.
Étonnante terre de contrastes que j’aime et qui me fascine, où je me suis laissé perdre à de multiples occasions et pendant de nombreuses semaines ces dernières années.
La photo ci-jointe a été prise fin août 2010 sur le pont qui enjambe la rivière Hooghly entre la gare d’Howrah et le centre de  Calcutta. 
Juxtaposition entre les lignes définies et précises de l’architecture de métal et le chaos du flux des voitures.
L’or du haut est l’écho du jaune des taxis, la lumière est le liant entre les deux mondes, métaphore de l’information et des échanges…

10 févr. 2016

LA FRANCE UN CHAMPION QUI S’IGNORE, MAIS EN GRANDE FRAGILITÉ

2017 : Le Réveil citoyen – Introduction (3)
Au sein de cette toile, la France est dans une situation paradoxale : alors qu’elle a dans ses mains tous les éléments pour tirer parti de la dynamique mondiale, elle agit trop souvent à contretemps. Des exemples : elle est choisie par Facebook pour son nouveau centre mondial sur l’intelligence artificielle, mais endure un chômage de masse sans cesse croissant ; elle est en situation pour être un des carrefours européens, et donc mondiaux, mais les peurs s’y développent et elle se recroqueville,  rêvant d’un retour au village gaulois d’Astérix. Or ce rêve n’en sera pas un, car il tournera au cauchemar : à vouloir trop se protéger, la France s’exclura. La vie est dans l’échange, et la mort le rendez-vous certain de la fermeture.
Réveillons-nous tant qu’il en est encore temps : nous avons tout pour réussir, car, pour reprendre l’expression de Denis Payre , « La France est un champion qui s’ignore ». Mais être champion dans un monde en compétition ne se fait ni sans effort, ni en regardant le futur dans un rétroviseur. Il nous faudra le courage de nous remettre en cause et de repenser notre projet collectif ; le courage de sortir du tas de spaghettis entremêlés que sont devenues nos organisations collectives ; le courage de comprendre que rien ne nous est dû ; le courage enfin d’abandonner notre tendance à l’autosatisfaction.
Attention, si nous ne nous réveillons pas rapidement, nous n’aurons plus aucune chance de redevenir un champion. En effet, il est dangereux de croire que le pire est derrière nous, et que grâce à un alignement miraculeux des planètes, la France s’en sortira facilement. Non, car la transformation numérique ne fait que commencer, et, pour reprendre une expression devenue à la mode, « l’ubérisation »  est à nos portes : si la France n’amorce pas rapidement une transformation profonde, si elle reste lestée d’une dette qui ne fait que s’accroître, si elle continue à dépenser inefficacement l’argent public, si elle conserve des organisations rigides et pyramidales, elle sera emportée par le tsunami qui s’annonce. 
Prenons conscience de l’urgence et de l’existence de solutions. N’attendons pas comme le chêne dans la célèbre fable de La Fontaine de nous retrouver déracinés par l’orage qui arrive. Retrouvons de la souplesse pour profiter de la force du vent et de notre position exceptionnelle.
(à suivre)

8 févr. 2016

PRENDRE LE TEMPS DE RÉFLÉCHIR ET METTRE EN PERSPECTIVES LES ÉVOLUTIONS EN COURS

2017 : Le Réveil citoyen – Introduction (2)
Seulement pour amorcer une telle révolution copernicienne, faudrait-il encore avoir pris le temps d’approfondir la compréhension des logiques et des forces qui sous-tendent l’évolution de notre monde : ne plus faire du zapping intellectuel ; ne plus s’appuyer sur une connaissance superficielle et acquise depuis des bureaux toujours situés à quelques hectomètres de la Seine ; se plonger dans le temps long, celui dans lequel baigne l’histoire de l’humanité, et secondairement celle de la France, pour avoir une chance de percevoir pourquoi aucune potion ne peut être magique.
Drôle de pari, me direz-vous, que de vouloir éclairer le temps nécessairement court des politiques par des temps longs : à quoi bon savoir où va un fleuve et d’où il vient, quand on ne va naviguer qu’entre deux ponts ? Du temps perdu ! Restons focalisé sur l’instantané, sur la distance par rapport à la rive, sur la présence ou non d’un récif, sachons éviter ce tourbillon menaçant et saisir ce courant porteur, et tout ira bien. Telle est la logique de la pensée politique : elle ne s’intéresse ni d’où nous venons, ni où nous allons, mais juste à la vague immédiate. Son expertise historique ne porte que sur comment gagner ou perdre une élection. Autocentrage des politiques.
Un des premiers objectifs de cet essai est de montrer que c’est une erreur, car c’est au contraire en comprenant d’où l’on vient et où l’on va, que l’on peut s’inscrire efficacement dans un courant ou s’y opposer. Sinon, tout action est vaine et on est ballotté par les évènements. Sans vision, l’agilité est dangereuse et contreproductive : elle n’est qu’agitation. L’hyperactivité de Nicolas Sarkozy a bien peu construit, la passivité optimiste de François Hollande non plus. Une troisième voie est possible et nécessaire.
Compréhension du passé, analyse dynamique de la situation et identification des futurs possibles sont indissociables : mettre en perspective le présent, se donner des clés de lecture, identifier les ruptures, actualiser sa compréhension, trouver des marges de manœuvre, s’engager, faire des choix responsables. Sans cela, les politiques jouent au loto l’avenir de l’humanité.
Une des clés que je vais vous proposer est l’acceptation de l’incertitude : non seulement elle est irréductible, mais son accroissement s’accélère. Autre clé, celle de l’émergence d’un monde tissé de connexions fines et multiples, où les limites se fondent et s’effacent, où la proximité n’est plus tant spatiale que sémantique et intellectuelle : mon proche n’est plus seulement mon voisin physique mais souvent celui avec qui je vibre à distance. Drôle de toile dans laquelle les gestes et les mouvements des politiques s’emmêlent, comme des insectes pris au piège d’un monde qui les dépasse.
(à suivre)

5 févr. 2016

RICHE DE LA CONFUSION

Compost
En moi, tout se télescope. 
Je ne suis un que par confusion, mélange, mixture.
Seule l’analyse abstraite sépare, ordonne, explique. 
En moi, il n’y a rien à part un melting pot, 
Je ne suis qu’un compost.
Mes terres de Provence sont indissociables de celles croisées en Inde,
Les murs en pierres sèches riment avec le jardin zen de Hampi,
Les ciels et les sols se réunissent.
La vie naît de ces percussions et ces dissolutions.
J'émerge de la diversité, des connexions et des échanges avec le reste du monde.

3 févr. 2016

NON LA SOLUTION NE PEUT PLUS VENIR D’UN CHEF OMNISCIENT ET OMNIPOTENT

2017 : Le Réveil citoyen – Introduction (1)
Maintenant, voici en 5 billets, l’introduction de mon livre :
Ah, si le monde fonctionnait selon les principes d’une recette de cuisine, comme tout serait simple ! Un monde bien prévisible, où il suffirait de choisir les bons ingrédients et de suivre les indications fournies pour obtenir à chaque fois le même plat, celui qui correspond à la photographie dans le livre.
Quand j’écoute les hommes politiques, participe à leurs réunions, ou échange en direct avec eux, je vois que c’est à cela qu’ils rêvent tous : une pincée de TVA en plus ou en moins, le mélange savamment dosé de trois taxes précédemment autonomes, la fusion de ces deux agences, un plan pour la relance de telle ou telle industrie, de nouvelles aides fiscales pour le logement, la nième refonte de l’apprentissage de la lecture… et le miracle devrait surgir ! Comme dans un tour de magie, les lapins de la croissance, de la chute du chômage et du bonheur social vont surgir du chapeau du Maître Queux. 
Car autre caractéristique bien française, chacun de nos politiques se sent l’âme d’un grand chef : non seulement, ils s’imaginent capables de maîtriser l’incertitude, mais ils se voient en un Paul Bocuse ou un Alain Ducasse de la politique. Un sauveur, un homme miracle. À leur décharge, la nostalgie du Général de Gaulle rivalise dans les couloirs de notre démocratie avec celles plus lointaines de Napoléon ou de Louis XIV, quand ce n’est pas de Vercingétorix.
Bref si cela ne va pas aujourd’hui en France, c’est soit parce que l’on n’applique pas la bonne recette, soit parce que le chef n’est pas le bon, ou le plus souvent dans l’esprit de tous, à cause des deux. Car c’est bien ce que l’on attend d’un grand chef : trouver et appliquer la bonne recette. Même Marine Le Pen prend des élans gaulliens, quand elle ne s’incarne pas en une Jeanne d’Arc mâtinée d’une Astérix en jupons partie à la reconquête du monde. Le soir, dans les tréfonds de la cuisine de l’hôtel particulier familial à Saint Cloud, je l’imagine avec son Panoramix de père, en train de concocter une potion magique. Du moins jusqu’à un passé récent… Tous des sauveurs quoi !
Mais est-ce bien raisonnable de penser et d’agir ainsi ? Comment croire que, dans notre monde hypercomplexe, la solution pourrait venir d’en haut, d’un chef accompagné d’un aéropage fusse-t-il le plus compétent ? La France s’est certes construite grâce à la centralisation et une conception jacobine du pouvoir, mais ne serait-il pas temps de comprendre qu’il faut changer de paradigme ? Ne faut-il pas renverser la table pour ne pas être emporté par les mouvements en cours ? N’est-il pas urgent de redonner la parole à nos territoires et de bâtir notre avenir collectif sur un logique ascendante ?
(à suivre)

1 févr. 2016

« FRANÇAIS, RÉCONCILIONS-NOUS POUR SERVIR »

2017 : le Réveil Citoyen - Préface de Jean-Christophe Fromantin
Jean-Christophe Fromantin, député des Hauts-de-Seine et maire de Neuilly-sur-Seine, a préfacé mon nouveau livre, « 2017 : le réveil citoyen ». Sa préface donne le ton : l’urgence de l’action ! La voilà in extenso :
« Français, réconcilions-nous pour servir » disait Antoine de Saint-Exupéry en 1942. Ce double appel à la réconciliation et à la mobilisation au service de la France devrait tous nous inspirer.
Les défis que la France doit relever imposent à chacun d’entre nous de prendre réellement conscience de la nature des enjeux et de nous poser la question de ce que nous pouvons faire. Car, la situation dans laquelle nous sommes tient autant de notre démobilisation face aux responsabilités politiques que de l’absence d’engagement de ceux qui nous gouvernent. 
Le monde politique est devenu hors sol. Les partis politiques ne jouent plus aujourd’hui leur rôle constitutionnel de concourir à l’expression du suffrage. Ils défendent les intérêts personnels et corporatistes de leurs membres. En fonctionnant en vase clos, ils ont empêché le renouvellement nécessaire pour capter de nouveaux talents et adapter la France aux contingences d'un nouveau monde. Hermétiques, ils n'ont pas su mobiliser les compétences dont notre pays a besoin pour relever les défis complexes du XXIème siècle.  
Les institutions sont verrouillées par l’enjeu présidentiel : l’hyper-présidentialisation et la sur-médiatisation ont fait de l’élection présidentielle une obsession, un feuilleton retransmis en continu dans les médias. Les primaires raccourcissent encore les délais déjà amputés par le quinquennat. La personnalisation de l’enjeu et l’accélération du temps électoral ne favorisent ni les ambitions collectives sur la durée, ni l’audace, ni les réformes d’ampleur et de long terme, dont notre pays a besoin.
Les élections sont préemptées par les états-majors parisiens. Les scrutins territoriaux sont vidés de leurs enjeux locaux, dévitalisant tout espoir de démocratie locale, privant ainsi les Français de débattre des projets de leurs territoires. La réaction des Français est violente: les trois-quarts d'entre eux choisissent l'abstention ou la réaction et dénoncent ainsi ce détournement de la démocratie au profit d'une caste politicienne totalement déconnectée des réalités.
Les défis à relever appellent des actes courageux, visionnaires et modernes. L’avenir de la France ne peut être détourné par quelques professionnels de la politique dont l’accumulation d’erreurs ou de non-choix au cours des trente dernières années est une des principales causes des grandes difficultés actuelles que nous connaissons. Nous ne pouvons pas continuer avec les mêmes dont les promesses, la main sur le cœur, n’opèrent plus. 
C’est la raison pour laquelle nous ne devons pas laisser passer l’échéance de 2017 qui sera une année décisive pour l’évolution de notre pays. Le renouveau viendra des Français. Le réveil citoyen est consubstantiel de cet élan dont notre pays a besoin.
Pour activer ce réveil, chacun d’entre nous devra prendre une responsabilité. Celle de réagir et de se mobiliser plutôt que de critiquer et de se résigner. Mon exemple de réveil citoyen à Neuilly, en réaction au parachutage d’un candidat, sans être un modèle, montre que, malgré l’hostilité du système, le renouvellement, gage du renouveau nécessaire, c’est possible ! A nous de redonner à nos institutions démocratiques leur sens initial : "le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple".
 
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